XL WE
Dans ma collection infinie de week-end trop shorts, je reprendrais avec plaisir de celui-ci. D'abord, merci à Elise H. inscrite sur la guest list pour le don de son entrée à la soirée des 20 ans du Rex Club, même si s'accompagnait d'un petite session de tractage (flyers Solidays) pendant la modique durée d'1h30. Merci aussi à ma co-tracteuze qui m'a cédée sa place in fine et permis de découvrir l'ambiance du Rex Club en présence de quelqu'une que j'adore !!
Bref, une nuit électrik avec du très bon son électro (Cardini, Chloé, Dapayk & Padberg, Ellen Allien) et une foule immense dans une atmosphère excédant au minimum les 40°c (d'autant plus paradoxal, vu le prix des boissons), le fumeur constituant étrangement la salle de délivrance en terme d'oxygénation. Sur la piste, c'est un peu Poulpe Fiction : en effet, pas mal de goudous à l'horizon dont certains visages croisés + d'une paire de fois aux Clitorise ou au Pulp.
20 ans... je ne suis pas vraiment une vieille un vieux de la vieille par rapport aux DJettes ici présentes ce soir : en gros, ça fait maximum 5 ans que je les connais et kiffe techniquement leur minimale respective. Hors muzik, de bons souvenirs également : des séances d'attente au bar mémorables (avec des barmen/-maids, avec des regards de tueurs, qui servent avec style, même après s'être enfilés X shots), pas mal de bousculades, des échanges de bribes de mots, une requête surprenante d'un mec avec pour profession "rouleur de pelle", love on the dancefloor, etc...
Le lendemain (ou le jour-même), je suis bel et bien KC, empêtrée dans le bad trip du mal au crâne, un cercle vicieux bien connu où la seule solution pour émerger est de prendre un cachet mais t'as trop pour te lever et le prendre, donc tu tournes en boucle... Bref, j'ai dû me faire violence car j'étais invitée à un BBQ d'un ami qui fêtait son pot de départ pour Sakhaline (joli nom pour une île au large du Japon et de la Russie) chez un pote. Il s'agissait en réalité d'une petite fête dans une salle paroissiale au milieu de jeunes cathos (dont certain-e-s très sympathiques) et de scouts qui donnait sur une court, à croire que je dois avoir des positions trop dures sur la religion pour qu'il m'ait vendu ça formulé bien différemment.
Une excellente après-midi ensoleillée, avec au programme des retrouvailles avec pas mal de potes de foyer. En attendant de lancer l'émission "un jour, un CO", j'ai eu la surprise qu'un d'entre eux - T - vienne me voir et me lance cash : - Alors, ça fait combien de mois ? - Gné ? Comment ? - Que t'es avec ta copine ? - Plus de 3 mois, mais comment t'es au courant ? - Ola, j'ai appris plein de choses aujourd'hui, si tu savais... - En effet, je vois ! - Mais tu le sais depuis combien de temps ? - Concrètement, 2 ans environ. - Mais en fait, je m'en doutais un peu. À l'époque, j't'entendais rarement parler de mecs...
Dans ma tête, je souris. Parce qu'il paraît soulagé que j'aie une sexualité, en fin de compte (ah la la, ces hétéros :) Parce qu'il l'a super bien pris (et pourtant, ce même ami avait bassiné tout le monde y a quelques mois faire remarquer à quel point il était perturbé qu'une des filles de son entourage soit lesbienne, ce qui en explique en partie pourquoi j'étais restée discrète jusqu'à présent vis-à-vis de lui). Parce qu'aussi au foyer, j'ai pourtant eu de multiples relations avec des garçons. Mais j'étais extrêmement silencieuse à ce sujet, parce que je ne me sentais déjà pas en phase avec moi-même et que ça n'avait absolument rien de réciproque. Parce que tout simplement, je n'aurais jamais imaginé qu'un jour, je ferais la fête à la fois avec ma copine et mes meilleur-e-s ami-e-s. Parce que justement Elle m'a fait la surprise d'arriver 2h après et que j'ai trouvé ça génial et vachement symbolique. Yep, c'est beau la vie.
Encore plus marrant et je tenais à le souligner, T. nous a fait la remarque en fin d'aprèm' qu'on n'était pas tellement démonstratives toutes les 2. Et pour cause, vu le type de public (porté sur la religion) autour de nous, on se sentait naturellement pas de jouer la provoc' (même si je suis intimement convaincue que la spiritualité a bien + à faire avec la sexualité qu'avec une morale rigide emplie de préjugés et d'a priori). Même en temps normal, dans les lieux publics, nous ne sommes pas aussi pudiques. Et en fait, c'est un peu dilemme que je me pose souvent : est-il si important de se montrer ? Oui, ça peut faire avancer le schmilblick de rendre visible notre amour, car encore nombreux sont ceux qui ignorent l'existence de l'homosexualité féminine (hors pornos). Néanmoins, le fait de s'embrasser ou de se tenir la main ne constituent pas des gestes anodins et peuvent susciter un malaise ou des réactions plus ou moins négatives pouvant aller jusqu'à l'homophobie (non, je ne veux pas généraliser et c'est pas tout-à-fait, on a parfois nous aussi mis du temps à s'accepter). De plus, ai-je vraiment envie que chaque kiss soit apparenté et considéré à une revendication politique ou militante ? C'est à ce moment-là qu'on souhaiterait vraiment que notre amour soit banalisé et n'ait point d'autres connotations. Cependant, en attendant, si on veut faire avancer les mentalités en dehors des médias, il n'y a sûrement pas le choix : il faut prendre ce risque, sans pour autant condamner les homos qui n'ont pas envie - pour diverses raisons - de se montrer.
S’embrasser dans un lieu public, c’est passé du sexuel au sentimental. Et donner à un acte banal une résonance politique. Comme le dit le maire de Paris, afficher son homosexualité ça fait avancer les libertés... (dykeplanet.com)
Pendant ce temps, la clique de choc Sheliyah & Abigael + Falone donnait leur choeur à Séb Tellier et faisaient des truc méga 'barbants' (au sens propre) pour l'Eurovision 2008 (cf ze photos de la dream team de stars)...

































