Sinueuse...
Presque deux ans après le "tournant fatidique", je constate que des coming-out, comme les rencontres inattendues, on n'a jamais vraiment fini d'en faire, tout au long de sa vie. Des retrouvailles non plus. Et les 2 à la fois, ça arrive aussi parfois...
Il y a quelques semaines de cela, j'ai décroché le téléphone alors que je m'étais jurée de ne plus jamais LUI adresser la parole de mon vivant. C'était facile, plus qu'un petit mois à tenir avant que mon ancien numéro de mobile n'expire définitivement. Comment pardonner à un bourreau, c'est-à-dire un être chère qui vous a trahi plus d'une fois et cherché à vous détruire mentalement sans scrupule ? Trop de rancoeurs, de haines enfouies, d'incompréhension, de violence, de chagrins d'une étendue sans fin. La sensation aussi d'être une bombe à retardement en puissance, susceptible d'exploser et reproduire ce que j'avais vécu/enduré à tout moment. Avec la crainte invivable de retourner ces pulsions et élans auto-destructeurs contre d'autres ou...moi. Et cette envie très forte de stopper le train de cette existence absurde en marche, pour atteindre l'apaisement ultime. Définitivement. Parce que la fuite en avant dans les produits et les conneries ne dure qu'un temps, surtout que celui-ci n'amnésie jamais la douleur aussi longtemps et rapidement qu'on le voudrait.
Rassure-toi lecteur, mon but n'est pas de te faire déprimer et monter les larmes aux yeux. J'exècre le pathos plus que je me haïs personnellement. Vite tourner la page. Passer à autre chose. Construire. Aller de l'avant. Sourire à la vie. Parler avant de sortir les poings ou de me faire des films relevant du genre de Paranoid Park... Le chemin est long et semé d'embûches. Mais cette fois-ci, j'ai décidé d'entrouvrir une porte, de m'exprimer, de l'ouvrir. Marre de me murer dans le silence, de supporter ce poids au fond de moi à longueur d'années. Et puis, en étant un brin lucide, en faisant un pas en avant, j'avais quasiment tout à y gagner. Notre première rencontre après 4 ans de séparation et de prise de distance (avec elle, avec moi) a été ponctuée de crises de larmes brutes et incontrôlables (eh oui, incroyable, je suis dotée d'une sensibilité !). On a beaucoup parlé et exprimé nos différents ressentis.
Avant cette étape décisive, point de départ à sûrement d'autres rendez-vous - où ce n'est pas ma mère que je rencontre mais une inconnue que je trouve énormément changée (évolué ?), il y a eu cet échange un peu étrange, sorte de pile ou face fatal :
- Si tu veux me revoir, tu dois m'accepter telle que je suis. Je ne veux pas entreprendre cette démarche pas évidente du tout pour rien.
- Oui, bien sûr. On aura l'occasion de parler de toi...
- Alors, je vais t'annoncer ça au téléphone. Si après ça, tu me rejettes ou ne me considères plus comme ta fille, ce sera définitivement terminé. (oui, je sais, c'est nul les menaces et les grands mots, mais quand y a trop se sentiments en jeu, c'est difficile de se contrôler et de raisonner froidement)
- Oui. Quoi donc ? Je t'écoute.
- J'ai une copine. Alors ?
- C'est bien. Ça fait longtemps que vous êtes ensemble ?
(p*****, mais c'est pas normal, on m'avait prédit le pire des scénarios tragiques. Par le passé, on s'est fightées pour moins que ça. C'est quoi ce coup de théâtre à la c** ? Je veux être remboursée tout de suite !! lol)
- Attends, tu t'en doutais déjà ? S. t'en avais parlé ? Tu veux toujours de moi ?...
- Nan, pas du tout, personne ne m'a rien dit. Je suis très contente pour toi...
Oui, la vie paraît un peu moins rugueuse, maintenant. Je me sens mieux. Pas qu'à cause de ça, d'ailleurs...
Regarde-toi assise dans l'ombre
À la lueur de nos mensonges
Une main glacée jusqu'à l'ongle
Regarde toi à l'autre pôle
Fermer les yeux sur ce qui nous ronge
On a changé à la longue
On a parcouru les chemins, on a tenu la distance
Et je te hais de tout mon corps, mais je t'adore
On a parcouru les chemins, on a souffert en silence
Et je te hais de tout mon corps mais je t'adore encore
PS : rassurez-vous, je n'écoute jamais Kyo, d'habitude. C'est juste que j'ai trouvé les paroles particulièrement de circonstance pour illustrer cet article, hé hé :)


















Commentaires